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2018 : centenaire d’une guerre totale

2018 : centenaire d'une guerre totale

Par Antoine Chambon, Anthony Kupfer

Il y a 104 ans, une guerre sans précédent éclata et divisa l’Europe toute entière. Le déclencheur ? L’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, où l’héritier de l’Empire austro-hongrois François-Ferdinand et son épouse sont assassinés par un jeune nationaliste serbe. Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, elle-même soutenue par la Russie. L’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août ; l’invasion de la Belgique mène à la déclaration de guerre de l’Angleterre à l’Allemagne. L’empire ottoman se joindra à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

En France, la mobilisation générale est annoncée le 2 août 1914 : t out homme en capacité de se battre est appelé pour rejoindre l’armée. Dans l’imaginaire collectif, cette conscription se fait dans une euphorie totale, où la haine de l’allemand et le patriotisme sont tellement forts qu’ils suscitent un formidable élan de solidarité nationale. La réalité fut plus nuancée : la mobilisation, au son du tocsin, a d’abord suscité la sidération, d’autant que l’heure était à l’urgence des moissons. Certes, on fanfaronne, on acclame les conscrits mais “la fleur au fusil” relève davantage de l’ imagerie patriotique. Tous se persuadent toutefois que le conflit sera court. Pendant quelques temps, la ligne de front ne cesse de reculer et d’avancer, mais à partir de la bataille de la Marne qui arrête l’offensive allemande, le front s’immobilise ; l es soldats commencent à fortifier leurs lignes en creusant des tranchées. La guerre de position commence, et le conflit s’enlise.

Cette guerre de position va fortement altérer le moral des soldats français. Les conditions de vie des poilus dans les tranchées sont effroyables : manque d’hygiène, manque de nourriture, conditions météorologiques désastreuses, boue, bombardements d’artillerie quotidiens, rats : l’un d’eux sera le personnage et narrateur de l’expérience du soldat Pierre Chaine dans Les mémoires d’un rat. La bataille de Verdun, du 21 février au 18 décembre 1916, est emblématique de cette guerre des tranchées au point d’ “incarner toute la guerre” selon l’historien Antoine Prost, devenant un véritable mythe là aussi, entre vérité historique et fantasme mémoriel : exceptionnelle, la “mère des batailles” le fut par l’ampleur des moyens humains et matériels mis en oeuvre mais malgré ses 300000 morts, elle ne fut pas la plus meurtrière ni la plus décisive. Cette guerre de position prendra fin avec l’arrivée de l’armée américaine sur le sol français en avril 1918, la grande offensive du 8 août scellant la défaite de l’Allemagne. Le 11 novembre 1918, un cessez-le-feu est signé. Il y aura eu 9,7 millions de pertes militaires (dont 1.4 million de Français) et 8.9 millions de pertes civiles (300 000 Français).

Chaque année, le 11 novembre est un jour de commémoration : le président de la République se recueille lors d’une cérémonie sur la tombe du soldat inconnu. A Montluçon, elle se déroule devant le monument aux morts de l’avenue Marx Dormoy et elle fut cette année l’occasion de rendre hommage à Edmond Berger, premier soldat montluçonnais et auvergnat mort au combat à 22 ans parmi les 677 identifiés de la région Auvergne ; il est possible qu’il soit également le premier soldat français tombé, le 2 août 1914, a vant la déclaration officielle de la guerre. Sa mort date en effet du même jour que celle du soldat Jules André Peugeot, actuellement reconnu comme étant la première perte militaire française.

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