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La prison : un cercle vicieux

La prison : un cercle vicieux

Par Adeline ECALE et Lucie MARCHAL

Le passage en prison de Booba et Kaaris aurait pu rester strictement confidentiel, si les images de leur détention n’avaient pas circulé sur les réseaux sociaux ! Ces images ont au moins permis de soulever le problème du budget insuffisant alloué aux prisons françaises.

Depuis deux mois, les associations qui luttent pour accorder plus de ressources au bon fonctionnement des centres pénitentiaires utilisent comme principal argument le non-respect flagrant de l’ article D459-1 du code pénal interdisant la détention et l’utilisation des téléphones portables : en effet, le manque de surveillants empêche les contrôles réguliers, et les lois finissent par être transgressées.

Les conditions de vie dans les prisons sont plus que déplorables. La surpopulation , la violence, le manque d’hygiène , sont devenus depuis quelques années les principaux symptômes de cette dégradation des conditions de détention. A ce jour, 31 établissements pénitentiaires sont considérés, par la justice française, comme exposant les personnes détenues à des traitements inhumains ou dégradants.

La surpopulation carcérale est un mal chronique des prisons françaises. Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est aujourd’hui de 115% avec 68 974 prisonniers pour 59 765 places . C’est un problème fondamental car les détenus ont le droit de disposer d’un espace personnel et protégé. La surpopulation sévit principalement dans les maisons d’arrêt, les prisonniers se retrouvent alors à 4 dans un espace prévu pour 2. De plus, le manque d’hygiène tout aussi alarmant ; les infrastructures vétustes , peu entretenues sont le reflet du peu de moyens accordés aux prisons en France.

En outre, le système carcéral est aussi générateur de violence et de tensions : le taux de suicide est sept fois supérieur en prison à celui du reste de la société ; plus de 8 425 agressions entre personnes détenues ont été recensées cette année, et 4070 violences physiques contre le personnel . Ces chiffres amènent à revoir les dispositifs de sécurité.

Ce constat pour vous dire qu’il est devenu encore plus difficile pour nos prisonniers de se réintégrer dans la société. N’oublions pas que celle-ci a aussi pour rôle d’éduquer , rôle qu’elle ne remplit plus. Remémorons-nous le texte de Victor Hugo, la préface du Dernier jour d’un condamné , dans lequel il écrivait : « la prison doit corriger pour améliorer et non pas punir pour se venger » . Les détenus n’ont plus l’opportunité d’être accompagnés dans leurs démarches de réinsertion, qu’elle soit professionnelle ou personnelle , ce qui les amène à adopter des comportements d’autant plus déviants à leur sortie : aujourd’hui les chiffres de récidive ne font qu’augmenter.

Ce cercle vicieux ne pourra être enrayé que si l’État décide enfin d’attribuer un budget convenable aux services de détention. Car il est de son devoir d’assurer le respect des droits de l’Homme , dans toutes les sphères, quelles qu’elles soient !

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